Swastika Night

Swastika Night de Katharine Burdekin, Pocket, 2017.

Il est écrit en 1937.

Considéré comme une œuvre à la limite de la prophétie, ce livre relate une fiction se passant dans un monde où l’Allemagne nazie a gagné la Seconde Guerre Mondiale.

Se déroulant des siècles après cet évènement capital, nous suivons les pensées d’un allemand nazi lambda qui évolue dans un monde où l’amour, la compassion sont des blasphèmes au culte nazie.

La seule relation pure qu’il entretient est avec un anglais, proche ami mais inférieur de par son statut, qui se pose beaucoup de questions sur l’avant-Reich et qui  d’un après.

Féministe, Katharine Burdekin insiste sur la place de la femme qui est alors réduite à sa fonction reproductrice et qui ne suscite plus aucune attention de la part des hommes. Ce sont des êtres décharnés et pitoyables qui n’ont aucune fonction et qui, inconsciemment, se battent pour leur survie en ne donnant naissance qu’à des filles ».

On assiste à la fracture entre vérité et culte qui menace de détruire le Reich comme on peut le voir en la personne de Hermann qui est notre protagoniste.

Ce livre est un véritable trésor qui permet à la fois d’en apprendre plus sur le culte nazi mais aussi sur les hommes qui s’approprient au fil des siècles et réinterprètent des évènements passés en les transformant totalement.

Ainsi Hitler est, pour les nazis dans le livre, l’aryen type, blond, yeux bleus, grand, tout le contraire de ce qu’il est réellement.

Je vous encourage à vous laisser plonger dans ce livre qui apporte à la fois frayeur et espoir en l’humanité.

Jade R.

2 réflexions au sujet de “Swastika Night”

  1. Jade nous a fait une bonne présentation de ce livre, dont le thème principal est la hiérarchisation de la société où les femmes ne sont pas reconnues comme de véritables êtres humains. Outre ce sujet, je rajouterai que ce qui m’a impressionné c’est la façon dont quelques personnes (les apôtres ?) font naître une nouvelle religion, bien sûr, par la force. Hitler en est le nouveau dieu.
    Pour cela il est nécessaire de faire disparaître la mémoire de tout ce qui s’est passé avant, on brûle, on détruit… On peut y voir les dangers à venir du nazisme (roman écrit en 1937) et leur façon de dissimuler le génocide des juifs, des roms, des homosexuels, handicapés…
    Mais on peut y voir aussi l’analyse des mécanismes qui ont permis aux religions de se développer. Alors que toute mémoire historique a été effacée du cerveau de la population, c’est dans un livre jalousement gardé par un des maîtres de la société allemande que toute l’histoire de l’humanité est gardée. Et dans ce livre, il est question de « Paul » que l’on peut considérer comme celui qui a défini le dogme chrétien.
    Le rôle de la mémoire est important, il rappelle Fahrenheit 451 ainsi que 1984 et Le meilleur des mondes écrits à la même époque.
    Laurent D

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  2. J’ai aussi lu le livre de Katharine Burdekin « Swastika Night » et voudrais seulement rajouter aux textes de Jade et Laurent ce qui suit.
    J’ai pensé au livre de Primo Levi « si c’est un homme » où le combat des déportés pour rester humain est me semble t’il le plus important pour les déportés à qui les nazis veulent dérober toute humanité et aussi leur moyen de résister et de survivre.
    Dans ce livre écrit avant les horreurs nazis qui est comme une sorte de prophétie et de mise en garde, ce sont les nazis qui sont montrés comme dénués de toute humanité, bêtes et ignares
    Les chrétiens eux qui vivent dans des conditions très dures (on pourrait presque dire comme des bêtes)sont dignes, humains et les seuls jugés aptes à être les dépositaires du Livre.

    J’ai aimé ce livre pour sa clairvoyance, son courage lors de la publication et son féminisme.
    Anne A

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