L’enfant de la prochaine aurore (Louise Erdrich)

L’enfant de la prochaine aurore de Louise Erdrich (USA), Albin Michel, 2020

Après 1984 et Le meilleur des mondes, ce roman semble moins effrayant. Cedar l’héroïne attend un bébé. Rien d’anormal a priori, sauf que le monde change. Régresse-t-il, progresse-t-il (les plus réactionnaires se présentent souvent comme les plus modernes) ? Marche-t-il en crabe ?

Qui a pris le pouvoir pour imposer de nouvelles règles ?

Les femmes enceintes doivent se signaler…

Cedar comprend que son enfant peut être en danger, elle aussi peut-être, et elle va essayer de tout faire pour le protéger.

Cedar est une jeune indienne adoptée à la naissance par un couple de Blancs de Minneapolis. Heureuse dans sa famille d’adoption elle veut rencontrer quand même sa famille biologique.

Dans le roman, nous allons suivre les pérégrinations de Cedar entre ces deux familles et les ruses employées pour échapper aux personnes qui veulent contrôler sa naissance. Elle n’arrivera pas à leur échapper et découvrira un lieu « merveilleux » où tout est fait pour que l’accouchement se passe le mieux possible. N’est-elle pas dans une prison dorée ? Que deviennent ensuite les bébés ? Les mères ? Elle arrivera à s’enfuir grâce à des complicités familiales. Mais peut-on faire confiance à tout le monde… et l’on se retrouve assez vite dans un monde orwellien.

L’on comprend petit à petit que les espèces vivantes régressent. Des formes plus primitives d’animaux apparaissent, de nombreux enfants ne sont pas normaux quand ils naissent et c’est pour cela que les naissances sont très contrôlées.

Le roman de Louise Erdrich se présente sous la forme d’une longue lettre qu’elle écrit à l’enfant qu’elle porte. Elle lui raconte sa vie passée et tout ce qu’elle fait. Un journal intime de confinement…

Ce roman est très prenant. Je l’ai lu assez vite pris par la recherche d’identité de Cedar (et il y aura une surprise) et surtout par cette fuite devant ce nouveau pouvoir. Que se passera-t-il si un jour l’évolution des espèces s’arrête et régresse ?

J’aime beaucoup les romans de Louise Erdrich. Elle nous décrit la vie des Amérindiens en particulier des Ojibwé et les relations complexes avec les « Blancs ». Mais l’ambiance y est souvent angoissante. Ces romans sont, en même temps, glaçants et palpitants. Je crois vous avoir présenté La Rose et Le Jeu des ombres.

Laurent D.

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