Frantz Fanon, une vie

Frantz Fanon, une Vie de David Lacey, Éditions La Découverte, 2011
Ce matin j’ai passé un moment délicieux avec vous et comme convenu, je vous fais le résumé du livre de David Macey, il s’agit d’une biographie de Frantz Fanon.

Moi, j’ai découvert grâce à ce livre « et à Laurent qui me l’a prêté » la vie passionnante de ce personnage, qui a été psychiatre de renom, révolutionnaire, et écrivain (il a écrit entre autres Les damnés de la terre que j’aimerais lire).

C’est une biographie sans complaisance, qui met en évidence les contradictions, mais aussi les grandes qualités de ce natif de Martinique, descendant d’esclave, qui s’engage très jeune dans le combat contre le nazisme.

Devenu psychiatre, il est nommé en Algérie ou il découvre le colonialisme qu’il a déjà combattu chez lui en Martinique, et s’engage dans la révolution Algérienne, puis il quitte l’Algérie pour un hôpital en Tunisie, où avec son équipe, il met en place de nouvelles théories sur les méthodes de soins de la psychiatrie, tout en devenant le porte parole de la révolution Algérienne et des pays d’Afrique colonisés.

Il est mort très jeune, quelques mois avant la décolonisation de l’Algérie.

C’est un livre passionnant.

Vincent N.

2 réflexions au sujet de “Frantz Fanon, une vie”

  1. A mon avis, Fanon a bien analysé les rapports coloniaux que ce soit aux Antilles ou en Afrique. D’un côté, il pense que les colonisés doivent faire valoir leurs droits (comme les noirs) face aux colonisateurs mais cela ne fonctionnera que si les colonisateurs (et les blancs) acceptent de modifier leur comportement. D’un autre (ou est-ce simplement la suite) il est contre certains compromis et c’est en cela qu’il trouve qu’Aimé Césaire n’est pas allé assez loin dans son concept de négritude et surtout que Léopold Sédar Senghor a trahi son peuple en mettant « un masque blanc » par exemple en entrant à l’Académie française. 
    Il justifie, malheureusement, les violences du FLN et en particulier de ceux qui ont pris le pouvoir dans cette organisation en éliminant les partisans de l’indépendance algérienne de la première heure (la révolution mange ses enfants). Le plus connu étant Messali Hadj (ami de Camus) qui a échappé à un attentat mais ne pourra pas revenir en Algérie (il s’était exilé en France au début des années 50.
    Fanon croyait vraiment que «  le peuple » algérien et en particulier la classe paysanne pouvait modifier les rapports de force et faire en sorte que l’indépendante soit « le grand soir ». Il prévoyait le même avenir dans les anciennes colonies noires françaises. Comme il est mort de leucémie fin 1961, il n’a pas vu les dérives des différentes indépendances africaines et la non pertinence de certaines de ses idées.
    On pourrait penser que les idées de Fanon sont datées, pourtant il revient « à la mode » et est une référence actuellement. Voir les différentes émissions à la radio. Cynthia Fleury, lors de la dernière Grande Librairie, l’a cité rapidement. Peut-être que son analyse des rapports dominants-dominés semble encore d’actualité à pas mal de personnes ? Certaines positions actuelles de féministes, de descendants d’immigrés, de noirs (surtout aux USA)… rejoignent sans doute les idées de Fanon. 

    Je n’arrive pas à voir clair dans les textes de Fanon ni dans celles de certains groupes aujourd’hui. L’un expliquant l’autre sans doute.
    Laurent D.

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  2. Quelques lignes supplémentaires sur Frantz Fanon. Je viens de terminer une BD « Frantz Fanon » relatant la rencontre entre Fanon et Sartre (+ Beauvoir et Lanzman). Personnage toujours difficile à cerner.
    Laurent D.

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