Blonde (Joyce Carol Oates)

Blonde de Joyce Carol Oates

C’est un pavé de plus de 1 000 pages en livre de poche !
Dans ce livre consacré à Marilyn Monroe, l’auteure américaine ne donne pas une biographie de la star mais le roman de la femme telle qu’elle l’a imaginée : Visage passé à la vapeur et badigeonné de crème, corps baigné, huilé, épilé, poudré, parfumé, maquillé, ongles vernis, Norma Jeane Baker fut métamorphosée, adulée, gorgée de Nembutal. Idolâtrée. Epinglée : « MarilYn Monroe à vie ». Avant elle, il y avait toujours eu une blonde. Il y avait eu Harlow, Lombard, Turner… Maintenant l’actrice blonde, c’était elle. Unique ? Piégée ! C’est un mélange de réalité et de fiction où la naïveté de Norma  (Norma Jeane Mortenson, le véritable nom de Marylin) permet toutes les dérives où la mort et la violence cohabitent comme dans des rêves !
Les retours aux moments de lucidité sont inscrits dans le journal intime de la star dont elle n’a reproduit que deux vers : « A l’aide à l’aide ! »

L’autrice a gardé les problèmes, addictions à la drogue et aux médicaments, avortements, tentatives de suicide et rôles cinématographiques de Marilyn, créant une ambiance morbide dans tout le livre !
L’entourage de la star est très présent et sa beauté la fragilise,  la mettant entièrement à la merci de tous les managers à qui elle est livrée sans limite ! Ses films leur rapporte de l’argent mais elle n’en voit pas la couleur ayant souvent des problèmes financiers !
Les amants : tous ne sont pas aussi monstrueux que le président Kennedy ; Brando, par exemple, dit Le Prince, qui l’appelle « Ange » et  lui offre Les Pensées de Pascal ;        Arthur Miller qui fut son mari  apparaît comme la conscience morale du roman.
L’idylle avec Cass, le fils Chaplin, et Eddy G. Robinson J.-R., trio infernal, bisexuel, parfois orgiaque, porté sur les drogues apparaît pour elle comme une période heureuse de sa jeunesse.

Blonde prend donc pour objet une icône, celle qui confia un jour que à Hollywood, la vertu d’une fille compte beaucoup moins que sa coiffure.
On est jugé sur l’air qu’on a, pas sur ce que l’on est. On vous paie mille dollars pour un baiser et cinquante cents pour votre âme. Je le sais, parce que j’ai assez souvent refusé la première proposition.
Pour la seconde, j’attends toujours. 

Pour ma part le livre m’a accrochée peut-être parce que l’issue n’est pas une surprise.
Certains passages sont cruels, durs et crus avec les femmes qui sont de vrais objets de désirs ;  le lecteur est spectateur de l’engrenage infernal, montrant l’impuissance face à certaines situations où l’argent,  le pouvoir, le machisme sont rois et n’ont  aucune limite !
J’ai fermé le livre bouleversée et j’ai ressenti beaucoup de tristesse en pensant combien cette le sourire de cette star mythique devait cacher de souffrance intime !
Marilyn Monroe est morte à 36 ans !

Denise A.

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